A une époque fort éloignée, vivait dans une région de monts et vallées, une peuplade appelée Békride, gouvernée
par le roi BEBRIX.
Celui-ci avait installé sa cour dans la grotte de Lombrives.
Il avait une fille aux longs cheveux et au visage fort gracieux, prénommée Pyrène.
Tous les grands seigneurs du royaume et tous les rois des peuplades avoisinantes
essayaient en vain de séduire la belle et douce Pyrène.
Un jour, venant d’une île de la mer Egée, un jeune et fort élégant homme, dénommé Hercule, arriva au royaume. Il fit la connaissance de Pyrène.
Ensemble, ils allaient fréquemment sur les sentiers rocailleux, aussi bien dans la rosée du matin que sous le chaud soleil de midi. Ils se rencontrèrent de plus en plus souvent et un soir, sous la lune, dans la tiédeur d’une nuit d’été, leurs corps vécurent frénétiquement le même instant.
Quelques jours plus tard, Hercule fut appelé par-delà les montagnes, afin d’exécuter un creusement de portes, dit-on, il dut partir. Pyrène resta seule, mais elle portait déjà, la trace visible par tous, de ses folles amours d’adolescente. Elle eut peur d’affronter le courroux
de son père, et préféra partir dans la montagne. Là, après avoir franchi un ruisselet, surgit de derrière un gros rocher, un terrible ours des montagnes. Pyrène cria,
l’ours se jeta sur elle, la griffa, la déchira et la terrassa. Pyrène hurla
de toutes ses forces et Hercule par miracle l’entendit. Il traversa les montagnes de trois enjambées pour venir secourir sa
bien-aimée. Mais il était trop tard, il ne put que recueillir le corps ensanglanté de son amour, dont les yeux étaient clos à jamais.
Dans une vaste galerie de Lombrives, eut lieu une cérémonie funéraire en présence du roi BEBRIX et de sa cour. Hercule, d’une voix brisée par la douleur, prononça le discours d’adieu dont l’histoire, malgré les siècles, a retenu les paroles suivantes :« …Afin que
ton nom ma belle et douce Pyrène, soit conservé à jamais par les hommes qui habiteront désormais les Pyrénées… ».
Et les montagnes des Pyrénées pleurent à jamais Pyrène dont
elles sont le tombeau. Si vous allez visiter les grottes de Lombrives, en passant devant son tombeau, dites-lui que l’on parle d’elle, le soir, à la veillée.
(Conte tiré de « La Mandrette » Mémoire d’Ariège. Ed. LACOUR/REDIVIVA)