Au IVè siècle avant J.C, les Gaulois décident d’agrandir leur territoire
vers le sud et vers l’est. Les Bituriges, une nation gauloise de la Celtique, lèvent deux armées constituées
de combattants issus de plusieurs peuples gaulois, comme les Arvernes, les Sénons,
les Volques ou les Carnutes.
Les
Gaulois qui descendent vers le sud commencent à s’établir
dans les Alpes méridionales, en Italie du Nord, la Gaule cisalpine. Sur ces riches terres de blé, les nouveaux venus
rencontrent les Etrusques. De la Toscane (région de Florence), l’Empire étrusque avait conquis ces mêmes régions
depuis deux siècles déjà.
Etrusques et Gaulois se heurtent. Ces derniers remportent de grandes batailles sur les Etrusques; ils s’emparent des cités de Melpum et Felsina et les
rebâtissent sous les noms celtes de Mediolanum (Milan) et de Bononia (Bologne). Mais lorsque les Celtes assiègent
Chiusi, la métropole des Etrusques, ceux-ci demandent l’arbitrage du voisin romain. Les troupes Celtes abandonnent Chiusi, descendent
sur Rome et pillent la ville ( le siège de Rome dure sept mois. Puis les Gaulois s’emparent de la ville. Les Romains
achètent le départ de ces tumultueux guerriers. Les vainqueurs exigent beaucoup d’or qu’ils pèsent
sous les yeux hagards des Romains. “Malheur aux vaincus”, aurait, selon la légende, clamé Brennus, le chef
gaulois, jetant sa lourde épée sur le plateau de la balance).
Dans leur marche vers l’Est, les expéditions gauloises rencontrent le Danube. Certains Gaulois s’y installent de part et d’autre du fleuve.
Les Boïens donnent leur nom à la Bohême. D’autres, descendant vers les Carpates, fondent la Galacie. Les grandes expéditions
militaires gauloises avancent encore plus au sud, franchissent les Thermophyles
et pillent le sanctuaire de Delphes.
Au même moment, 20000 Gaulois franchissent l’Hellespont et le Bosphore, puis s’installent
en Asie mineure avec leurs chefs et leurs familles. Ils fondent le royaume des Galates, et atteignent ainsi le point extrême de leurs conquêtes
orientales.
UNE CIVILISATION DEVELOPPEE ...
Le mot celte, qui vient du grec keltoi,
désignait certaines populations d’Europe centrale, contemporaines des Grecs et des Etrusques
(Italie). Les Romains les appelaient Galli, ou Gaulois, en référence aux peuples celtes qui vivaient dans le Nord de l’Italie
(Gaule cisalpine) et au-delà des Alpes (Gaule transalpine).
A leur apogée, du Vè au 1er siècle avant J.C, les Celtes occupaient la plus grande
partie de l’Europe. Ils avaient atteint la Pologne et l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Irlande, ainsi que l’Asie Mineure.
Pour les auteurs grecs et romains, les Celtes étaient des “barbares”. Pourtant, les tribus celtes développèrent des arts et des techniques, parmi les plus perfectionnées de l’Antiquité.
D’un bout à l’autre de l’Europe, les Celtes parlaient une même langue, le celtique, qui, comme le latin ou le grec, appartenait à la
famille linguistique dite “indo-européenne”. Aujourd’hui, il n’en reste plus guère de trace, à l’exception
de quelques noms de lieu. Le Gaélique irlandais et écossais, le
Gallois et le Breton sont les derniers vestiges de la langue celte.
Les Celtes vivaient en général avec leur famille dans des fermes dispersées. D’autres habitaient des villes fortifiées, les oppidums, situés sur une importante voie commerciale ou à proximité de gisements de minerai de fer, de sables aurifères ou de sel.
Au cours de leur migration vers l’ouest- en Espagne, en Gaule, dans les îles Britanniques, les Celtes apportèrent aux populations autochtones du Néolithique
une solide expérience du travail du fer et du bois. Leur esprit ingénieux les conduisit à inventer le savon
et la cotte de mailles. Les Celtes furent les premiers à ferrer leurs chevaux. Ils cerclaient les roues de leurs chariots de jantes
de fer d’une seule pièce. Ils furent aussi parmi les premiers à utiliser la charrue à soc et le moulin à blé.
Inventeurs de la tonnellerie, métallurgistes de talent, excellents potiers, émailleurs et verriers habiles, les
artisans celtes ont apporté une contribution essentielle à l’évolution des techniques. Leurs outils (haches, limes, marteaux, vrilles, etc.) se différenciaient à peine des nôtres.
Vers 300 avant J.C, les Celtes cultivaient différentes variétés de blé, de l’avoine et de l’orge. Le blé de la Gaule
avait une grande renommée pour sa qualité.
On séchait les épis, puis on les chauffait dans des fours en argile ou sur des silex brûlants. Les grains étaient ensuite stockés dans des “silos” creusés dans le sol. Quant au blé de
semence, on le conservait dans des greniers.
Les techniques des paysans celtes étaient plus élaborées que celles des Romains. Ils utilisaient en effet des engrais, inventèrent
la faux, la charrue à versoir et la moissonneuse, poussée par une mule ou un boeuf. Les roues de leurs chariots étaient munies de collets, ancêtres du roulement à billes !
Les Celtes élevaient non seulement des bovins, mais aussi des chèvres, des cochons et des moutons. Peut-être élevaient-ils aussi des
poulets. Les abeilles fournissaient la cire, l’hydromel et le miel. Celui-ci remplaçait le sucre, comme chez les Romains.
Le cheval avait une grande importance. Jules César décrit dans son livre, commentaires
de la guerre des Gaules, l’adresse avec laquelle les Celtes montaient leurs chevaux et maniaient leurs chars de guerre. Excellents
combattants, leurs expéditions militaires firent trembler Rome au IIIème et au IIème siècle avant notre ère.
Dans les tribus, les druides rendent la justice et instruisent la jeunesse.
Chaque année ils coupent le gui, toujours vert, symbole de la vie perpétuelle.
La désunion des tribus celtes et leurs rivalités permanentes furent probablement une des principales causes de leur défaite face
aux Romains. Le dernier pays à population celtique à être soumis et incorporé à l’Empire romain fut l’Angleterre, en 84 de notre ère.