
SOMMAIRE
PRESENTATION
HISTORIQUE
DESCRIPTIF

PRESENTATION
Située
dans la haute vallée de l’Ariège, l’église Saint-Martin fait partie d’une série d’églises
remarquables que l’on situe sur un itinéraire quilonge la route dite des « Corniches ». Elle
se distingue des autres par son décor sculpté dont les thèmes et les motifs ont une parenté certaine
avec ceux que l’on trouve à Saint-Sernin à Toulouse à une moindre échelle.

HISTORIQUE
L'église d'Unac a été fondée par les comtes de Foix. Elle aurait d’abord été l'église d'un établissement
militaire qui remonterait au IXe siècle. Au XIème siècle (1076), le comte de Foix, Roger II et son épouse
donnent l’église à la grande abbaye bourguignonne de Cluny ainsi que le château voisin de Lordat et de nombreuses
terres. L’abbaye réformatrice resta peu de temps en possession de ces biens ariégeois et au XIIème siècle,
Unac devient un prieuré de l’abbaye Saint-Volusien de Foix. Elle le restera jusqu’à la fin du XVIIème
siècle où elle deviendra alors une simple église paroissiale.

DESCRIPTIF
Il y eût au moins deux campagnes de travaux qui correspondent
aux deux grandes périodes historiques du prieuré. Le mur Sud, protégé par de hauts cyprès,
et le clocher sont construits en pierres allongées posées en assise régulières à la manière
du premier art roman méridional. Le clocher s’apparente aux clochers andorrans même si la disposition des fenêtres
est différente. Un premier étage est ouvert d’une fenêtre à arcade simple ; au-dessus de lui
se superposent trois étages d’ouvertures à arcades géminées. Il est couronné d’un toit à double
pente. On ne trouve pas ici le décor habituel de bandes lombardes. Le XIXème siècle a rajouté dans
une sorte de niche couronnée par une petite corniche, une de ses nombreuses pendules qui bien que fort pratiques, ont
l’art de défigurer nombre d’églises ariégeoises (il semble que ce travers ne soit pas qu’ariégeois).
Les deux premières travées de la nef sont construites sur le même modèle et voûtées par la
suite. Ces parties correspondent à la première église construite et donnée à Cluny par Roger II au XIème
siècle.
Au XIIème siècle, on décide d’agrandir Saint-Martin. La nef est prolongée d’au moins deux travées ; on
y accole deux bas côtés couverts d’une voûte en quart de cercle moins longs de deux travées par rapport à la nef. Le
clocher est englobé dans le bas-côté droit (Sud) ; une porte permet d’y accéder. Toute la nef est voûtée
d’un berceau plein cintre.
Le sanctuaire se divise en une abside profonde, percée de trois fenêtres.
Elle est précédée d’un embryon de chœur et épaulée de deux absidioles peu saillantes. Cette abside est renforcée à l’extérieur
par deux contreforts.
Il semble que les bâtisseurs du Moyen-Âge aient voulu donner
aux trois nefs une égale longueur mais, par manque sûrement de moyens financiers, les travaux s’arrêtèrent et
on réutilisa la première nef. Celle-ci fût renforcée par des piliers afin de pouvoir supporter la nouvelle voûte.
Le décor sculpté se présente essentiellement sous forme
de chapiteaux de marbre. Tout d’abord, sur les fenêtres extérieures de l’abside bien qu’en partie restaurés, on peut voir sur les modèles
anciens (les plus foncés) des motifs de feuillages où s’alternent des pommes de pin. Sur le chapiteau droit de la fenêtre axiale, on peut
reconnaître un oiseau qui étend ses ailes. Le lien entre les fenêtres se fait par l’intermédiaire d’une corniche à motifs
de billettes.
Les « plus
beaux morceaux » se trouvent à l’intérieur. Au niveau du chœur, ils en soulignent l’entrée. Reposant
sur des colonnes jumelées, leur corbeille est décorée de feuilles refendues que l’on trouve à Saint Sernin de
Toulouse. Sur le chapiteau de droite apparaît un petit lion bedonnant, plus souriant que terrifiant.
Dans l’abside, chaque fenêtre est ornée de chapiteaux à feuillages.
Enfin dans la dernière travée de la nef, contre le chœur, deux larges chapiteaux aux tailloirs volumineux annoncent le sanctuaire. Le premier,
celui de droite, présente sur le registre du bas des rosaces surmontées de quatre grandes feuilles très détachées de l’ensemble.
Sur le tailloir alternent fleurons et palmettes ; au centre de celui-ci est placée une tête de lion. Le deuxième chapiteau, de
même forme porte deux registres de feuilles refendues.
Dans les absidioles, on retrouve le même vocabulaire de palmettes et de feuillages.
Ces motifs parfaitement accomplis évoquent l’influence d’un chantier comme celui de Saint-Sernin de Toulouse. Les sculpteurs trouvent leurs
modèles dans la grande basilique. Les études ont prouvé que sur les larges feuilles des chapiteaux de la nef, les pitons qui ornent certains
chapiteaux auraient leur origine dans la cathédrale espagnole de Jaca. Les analogies entre les deux chantiers contemporains de ces basiliques de pèlerinage
sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, dans les années 1100, permettent de dater les sculptures de Saint-Martin du premier quart du XIIème
siècle.
Il faut signaler également dans l’abside des traces de peinture qui évoquent un décor hélas très mutilé placé au
XVème siècle.
Jusqu'en 1902 la tour quadrangulaire du clocher était surmontée d'une flèche en charpente recouverte d'ardoises qui avait été posée
sur la plate-forme crénelée de la voûte supérieure. Cette flèche fut supprimée lors des travaux de rénovation
et remplacée par un toit à double pente, pour redonner au clocher son aspect primitif, c'est à dire celui qu'on
lui connaît aujourd'hui, et qui a quelques similitudes avec les clochers andorrans voisins.
Cette église a été classée monument historique le 22 avril 1843.

Midi-pyrénées - Ariège
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