


SOMMAIRE
HISTORIQUE
LA PUJADA DE SALAU
LES LARMES DE LA PRINCESSE
LES FEES SARRASINES
LES MINES DE TUNGSTENE

HISTORIQUE
Avant 1982, date de l’inondation qui
emporta la moitié de l’églisede Salau, cet
ancien hospice des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem
comportait une nef unique fermée par une abside voûtée
en cul-de-four. Seule reste debout la nef apparemment construite
au début du XIIIème siècle et le clocher
mur percé d’arcades. Les chapiteaux de celui-ci
sont ornés de feuillages et de boules. Les bords latéraux
du clocher sont décorés d’impostes à masques
humains. C’est au XIIème siècle qu’apparurent
plusieurs ordres militaires : les Hospitaliers de Saint-Jean
de Jérusalem, au moment de la lutte contre les Maures, établirent
une ligne d’hôpitaux sur les deux versants des Pyrénées.
Dans ce qui est aujourd’hui la montagne ariégeoise,
ils installèrent les commanderies de Capoulet, dans la
vallée du Vicdessos, et celle de Salau à 850 m
d’altitude dans la vallée du Salat, juste ou le
port de Salau (2052 m), à trois heures de marche environ
de celui-ci. Ce port étant l’un des plus accessibles
de cette région des Pyrénées, il connaissait
de tous temps une fréquentation importante. Un hôpital
fut construit également de l’autre côté du
port, à Isil, dans la haute vallée espagnole du
Noguera Pallaresa. Le plus ancien document attestant la présence
des Hospitaliers à Salau date de l’an 1203.
La commanderie prospéra rapidement et fut très influente
jusqu’au XIVème à partir duquel elle déclina
et perdit une bonne partie de son activité pour ne devenir
qu’une paroisse.
Comme il faut dans toute histoire une légende, celle du
prieuré de Salau mérite d’être contée.
Une princesse espagnole, après un
chagrin d’amour, pour fuir son malheur et quitter l’Ibérie,
aurait franchi le port en compagnie de son entourage et se serait
fixée à Salau pour se consacrer à Dieu et
servir les pauvres. E prieuré de Sainte-Marie de Salau
ne serait-il pas celui que fit construire Agnès, la fille
de Guillaume de Poitiers, seconde des sept épouses du
roi Alphonse VI, roi de Galice, des Asturies, de Léon
et de Castille, qui fut répudiée ?
En 1909, Jean Fra s’exprimait ainsi
au sujet du village de Salau dans l’Annuaire de l’Ariège
: « Le hameau de Salau est situé sur le bord du
Salat, dans une gorge profonde, aux ravins affreux, aux rochers
escarpés et inaccessibles. En se dirigeant vers le port
de Salau, la gorge devient de plus en plus étroite et
tortueuse, et le touriste garde une profonde impression de sa
course à travers ces montagnes dénudées
et sauvages qui frappent fortement l’imagination, tellement
leur aspect est à la fois effrayant et grandiose ».
Même si cette description est tant soit peu exagérée,
elle exprime cependant l’impression ressentie lorsqu’on
parvient pour la première fois dans ce cul-de-sac de la
vallée du Salat.
De tous temps le port de Salau a été un lieu de passage
fréquenté. Au siècle dernier il y avait entre
1000 et 1500 passages de mulet déclarés chaque année à l’administration
des douanes. Brouillard, vent et neige, brigands et contrebandiers
n’empêchaient pas les populations des deux côtés
de la montagne de commercer et des convois de mules chargés
de toutes sortes de marchandises utilisaient quotidiennement le
long sentier qui mène de Salau à Isil.
L’église
de Salau qui est le seul monument que l’Histoire nous a
laissé de l’ensemble des installations des Hospitaliers,
possède une nef unique, une abside en cul-de-four et est
surmontée d’un clocher-mur à deux rangs d’arcades
ornées de colonnettes en marbre. Ce clocher-mur est typique
du Couserans et semblable à ceux d’Ourjout , Aulignac,
Castillon dans la vallée de la Lèze et de Vic- d’Oust
et Soueix sur les bords du Salat. Au-dessus de la porte en plein
ceintre qui s’ouvre au sud, un chrisme représente
le monogramme des Hospitaliers : le bâton des pèlerins
et l’épée des chevaliers s’entrecroisent.
L’église fut agrandie vers l’ouest au XIIIème
siècle par l’adjonction du narthex. Il permettait
de communiquer au premier étage avec l’habitation
des Hospitaliers par une porte toujours visible aujourd’hui à l’extérieur
(murée). Elle possédait un retable en cuir de Cordoue
qui a disparu lors de l’inondation de 1982. Elle est classée
monument historique depuis le 4 avril 1911.
La première inondation eut lieu les 4, 5 et 25, 26 octobre
1937. Cette crue fut terrible, elle emporta la plupart des bâtiments.
Cette année-là tout le village d’en bas fut
ravagé, presque rayé de la carte ; 27 maisons furent
anéanties, le pont à voûte emporté,
le cimetière saccagé et les colonnes de marbre accolées à l’église,
vestiges d’un ancien couvent, furent détruites, charriées
par le courant et jamais retrouvées. Seule la chapelle romane
fut préservée, même si une bonne partie de
la sacristie fut détruite . Le cimetière contigu
fut emporté en grande partie et les ossements disséminés
dans le Salat.
Les
7 et 8 novembre 1982 une crue localisée, exceptionnelle,
se révèle rapidement catastrophique dans deux régions
des Pyrénées ariégeoises, en Andorre sur
l’Envalira versant sud et sur une partie de versant nord
(Mérens, l’Hospitalet) et dans le Couserans sur Salau.
Alors qu’il pleut sans arrêt depuis le début
du week-end, le dimanche 7 novembre, vers 15H, l’eau commence à monter à Salau
de façon inquiétante et en moins d’une heure
la route qui permet d’accéder au village est inondée.
Vers 18H le Cougnets, ruisseau bien tranquille d’ordinaire,
pour ne pas dire insignifiant, considérablement grossi,
quitte son lit et dévale dans la rue principale du village
en un flot impressionnant de boues et de rochers, coupant le village
en deux. A 18H45 le tablier du pont s’incline lentement
vers l’église et s’écroule sur une bonne
partie de sa longueur, faisant alors un barrage aux eaux gonflées
du Salat qui sont détournées vers l’église.
A 21H, dans un fracas terrible, toute la partie est de l’église,
le chœur et l’abside s’écroulent et sont
immédiatement engloutis par le torrent. A 4H30 le Cougnets
et le Salat se calment et la décrue commence.
Lorsque le jour se lève, les habitants encore sous le choc
peuvent constater l’étendue des dégâts
: rochers, gravats, boues, arbres déracinés occupent
les rues du village, les maisons sont éventrées,
des chalets déplacés et renversés. L’église
est au trois quart détruite et seul le clocher demeure intact.
Malgré l’importance des travaux à accomplir,
tous les habitants n’ont qu’un objectif ; reconstruire
le prieuré à l’identique, tel qu’il était
avant la catastrophe ?. Leur motivation et la ferme résolution
des édiles successifs qui ont eu en mains les destinées
de la commune de Couflens ont permis, 18 ans plus tard, ce 15 août
, d’inaugurer d’édifice complètement
restauré.

LA
PUJADA DE SALAU : 1er dimanche d’août
( 4 heures de marche aller-retour)
Chaque
année, le premier dimanche d’août, Catalans
et occitans, qui vivent de part et d’autre du port de Salau,
se retrouvent au col à 2087 mètres d’altitude,
pour partager un moment de convivialité, perpétuant
ainsi une tradition d’échange et de rencontre vieille
de plusieurs siècles.
Si vous aimez allier la culture locale et le plaisir de la montagne,
aller donc goûter goûter le vin de Raimat et le fromage
Rogallais, offerts à cette occasion et vous mêler
aux chants et danses régionaux.
A
environ 2km plus au Sud de Salau, vous trouverez un parking ombragé situé dans
un virage, à votre droite. Vous y trouverez quelques indications
sur un panneau placé là par l’ONF et un autre
vous indiquant que la piste empierrée qui part en direction
du port est réservée aux ayant droit.
Si vous ne faites pas partie des ayants droit, il vous faudra environ
45 minutes de marche sur un large chemin bordé de noisetiers
et de frênes pour rejoindre un deuxième parking pouvant
recevoir une dizaine de véhicules, réservé à ceux
qui ont le droit de l’utiliser…
Après la deuxième aire de stationnement, continuer
le sentier sur 200 mètres, prendre celui qui descend à droite
vers le ruisseau, le traverser et poursuivre sur ce chemin qui
donne l’impression de repartir en sens inverse. Le balisage
en jaune doit vous guider.

LES
LARMES DE LA PRINCESSE
La petite rivière nommée Salat,
qui serpente entre le Port de Salau et le pic des Mulats, prend
sa naissance de neuf sources qui, selon une légende, seraient
les neuf larmes versées par une princesse espagnole fuyant
son pays ravagé parles Sarrasins. La même légende
raconte qu’elle aurait fondé un hôpital pour
recevoir ses compatriotes exilés.
Ce bâtiment existe bien (on raconte que les moines chevalier
de Saint-Jean recherchaient les voyageurs égarés
avec des chiens dressés pour cela), mais il a vu le jour
au XIIème siècle à la demande d’Urraque, épouse
d’Alphonse le Batailleur, et donc elle aussi princesse espagnole.
La réalité dans ce cas s’embrouille avec la
légende.
Les sources fréquentées par
les femmes pour « guérir » leur stérélité sont
relativement peu nombreuses le long des Pyrénées.
La relation entre l’eau et la fécondité peut
s’expliquer par le fait que l’eau, dans son parcours
souterrain, traverse le domaine des Morts dans la mythologie
populaire. Ceux-ci reviendraient chez les humains, par la source,
et ils se réincarneraient chez la femme venue boire. Une
telle croyance remonterait à l’époque, au
moins préhistorique, où les humains n’avaient
pas encore fait le rapprochement entre la sexualité et
la reproduction.
Il est vrai aussi que les sources se trouvent
souvent liées, dans les légendes, au destin féminin.

LES
FEES SARRASINES
La vallée du Salt est aussi célèbre
par les fées sarrasines qui l’habitent et dont la
particularité, outre d’être les gardiennes
des trésors sarrasins cachés dans les environs,
ont toutes les pieds palmés. La nuit elles étendent
leur linge au clair de lune et les bonnes gens qui leur rendent
des services sont assurés d’être bien récompensés.
A Erp, un homme, qui s’était occupé de l’enfant
de l’une d’elles, reçut cinq sous chaque matin
devant sa porte, si bien qu’il n’eut plus à travailler.

LES
MINES DE TUNGSTENE
Le tungstène a été découvert
par Scheele en 1781, le tungstène est l’élément
chimique n° 74, de masse atomique W= 183.92 (Wolfram). C’est
un solide blanc d’étain, de densité très élevée
(19.2), et qui ne fond qu’à 3410°C. Son composé le
plus important est l’anhydride tungstique WO3, poudre jaune
insoluble, auquel correspondent divers acides tungstiques. En
réduisant par l’hydrogène les tungstates
alcalins, on obtient les bronzes de tungstène, poudres
d’aspect métallique, de couleurs variées,
utilisées dans la décoration.
A
l’état pur, le tungstène s’emploie
pour la confection de filaments de lampes à incandescence
ou de lampes radio-électriques, de fils de résistances
chauffantes pour fours électriques sous atmosphère
réductrice ou neutre, d’anticathodes pour tubes
d’émission de rayon X, etc. De pseudo-alliages frittés
de tungstène-cuivre ou de tungstène-argent sont
utilisés pour certains contacteurs électriques.
Le tungstène entre dans la constitution d’alliages
d’une très grande importance industrielle : aciers
et alliages pour outils à coupe rapide, aciers pour outils
d’usinage à froid ou pour matrices de travail à chaud,
alliages du type satellites. Les aciers à coupe rapide,
conservant leurs caractéristiques de coupe même portés
au rouge, contiennent 18% de vanadium et 0.6% de carbonne. Les
outils sont constitués d’acier à coupe rapide
dans toute leur masse, ou ont une partie active rapportée.
Le carbure de Tungstène, qui peut-être obtenu par
frittage, est souvent additionné de carbure de titane et
de carbure de tantale, le tout étant aggloméré par
du cobalt. Ce carbure, d’une très grande dureté,
est toujours utilisé sous la forme d’une plaquette
rapportée et brassée sur un corps d’outil en
acier ordinaire et permet d’atteindre de très grandes
vitesses de coupe. Il est particulièrement indiqué pour
la fabrication de filières, de fleurets de perforatrices,
etc. Enfin, le tungstène entre avec une teneur de 5 à 8%
dans la composition de certains aciers à aimant.

Midi-Pyrénées
- Ariègee Bébrix boutique de Bébrix fête
de la montagne |