SOMMAIRE

PRESENTATION
HISTORIQUE
DESCRIPTION DU CHÂTEAU ET DE SON ENVIRONNEMENT
PERIODE D’OUVERTURE

PRESENTATION

A 15 km de l’autoroute A64 Tarbes-Toulouse, le château de Prat surplombe la D 117 qui relie Foix. Situé aux portes de l’Ariège, le site vous offre une vue panoramique de la région pyrénéenne.
Après une allée aménagée où des arbres séculaires tracent le chemin vous arriverez sur le pog. Là, marche après marche, vous remonterez les siècles et découvrirez le cadre unique (jardins en terrasse, le bassin, la palmerais et la serre…) du château édifié au XVIème et XIXème siècle qui fut bâti sur les fondations d’une ancienne forteresse datant de 1268.

A l’intérieur du château vous poursuivrez votre voyage dans le temps…

HISTORIQUE

Un acte fait référence au château de Prat en 1268. Cependant les origines de ce village, clef de défense du Bas Salat semblent être bien antérieures. Rien ne nous permet d’exclure qu’il s’agirait d’un oppidum romain étant donné la position du château et la découverte près de l’église de Prat de deux inscriptions et une monnaie de Trajan.
A l’époque féodale, Prat appartient d’abord aux comtes du Comminges. Dans la seconde moitié du XIIIème siècle, un membre de leur maison le donna à Raymond-Athon d’Aspet.

Les Aspet gardèrent Prat l’espace d’un siècle. Ce furent eux, qui semble-t-il, constituèrent la seigneurie de Prat, telle qu’elle exista ensuite. Cette seigneurie, qui eut titre de baronnie, comprit jusqu’au début de XVIIème siècle, outre Prat, son chef lieu, les villages de Bonrepaux, de Mauvezin, de Labastide, de Castagnede, de His, de Bagert, et de Marsoulas.

Cette seigneurie relevait donc du comté de Comminges au point de vue féodal et des diocèses de Couserans et de Comminges pour le spirituel. Pour la justice, elle dépendait de la sénéchaussée de Toulouse, et à partir de 1646, de la sénéchaussée de Pamiers. Enfin, elle était du corps de la châtellenie de Salies, et par conséquent du Comminges.
Longtemps le château fut une simple forteresse où le seigneur faisait de rares et courtes apparitions et dont la défense, en temps de guerre, était confiée aux hommes de la baronnie sous le commandement du capitaine de garde ordinaire.

Au XVIème, la forteresse était pourvue de canons, et en 1639, elle montrait encore, comme débris de son armement, 4 fauconneaux montés sur affûts et 15 mousquets.

A la renaissance ou plus exactement de 1529 à 1543, le château de Prat subit une transformation dont le mérite reviendrait à Jean de Mauléon, évêque de Saint-Bertrand de Comminges. Il est de notoriété que les goûts artistiques très sûrs du prélat se signalèrent entre autre par la restauration du beau cloître de Bonnefonds et par l’installation dans la cathédrale de Saint-Bertrand des boiseries du chœur et de l’orgue. Ici, à Prat, l’évêque de Comminges profita de la longue minorité de son neveu et pupille, François de Mauléon, héritier du château pour faire réduire au strict nécessaire les défenses extérieures, raser des tours, enlever les logettes disséminées sur le second étage de la première enceinte et tracer dans l’espace, ainsi débarrassé, le petit jardin et les allées d’ormes, dont Louis de Froidour, en 1661 admirait les agréments.

Dans le corps du logis, afin d’éclairer largement l’intérieur et corriger du mieux possible la monotone nudité des façades, il aurait fait percer les deux rangs de grandes fenêtres en style du règne de Louis XII et dans la tour de l’escalier, remplacer la porte d’entrée, basse et informe, par cette porte François 1er qui est la petite merveille du château.
Au village même, l’évêque de Comminges aurait fait construire ou aménager un pied à terre dans lequel M. Etienne de Nouaillan, prit pour la faire transporter au château, une délicieuse petite fenêtre renaissance, sous l’appui de laquelle le prélat avait fait graver comme signature l’écu de ses armes, timbré de la mire et de la crosse.

La propriété connue plusieurs propriétaires dont le dernier fût le comte André Marie Hipôlite Henri Jean Paris de Tréfond d’Avancourt qui vécu au château dans le plus total dénuement.

En 1987, après le décès de celui-ci, le château très éprouvé par l’abandon devint la propriété de la société Civile Immobilière qui le destinait à une destruction certaine. Devant de grosses difficultés financières, la SCI décidait de passer une convention avec l’ANAH, en vue de se renflouer et en destinant le château à des logements sociaux.
N’arrivant pas à faire face à ses engagements, le château fut vendu aux enchères en 1996 à Monsieur Arnhold, l’actuel propriétaire. Celui-ci fit inscrire le château à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH), sauvant ainsi le château de l’oubli.
Les travaux de rénovation sont encore en cours mais une grande partie du château restauré est ouverte au public.

DESCRIPTIF DU CHÂTEAU ET DE SON ENVIRONNEMENT

L’édifice s’élève au Nord du village, sur un piton qui domine le confluent de Salat et de la Gouarège. Etabli sur un banc d’ophite, il est tout entier construit en blocage. Au sud-est, l’escarpement du roc lui sert de seule défense, sur les trois autres côtés, il est muni de deux enceintes circulaires médiévales étagées l’une en dessus de l’autre.

Les abords sont plantés d’arbres multi centenaires tels que séquoias, cèdres, chênes, marronniers, tilleuls et palmiers.

L’entrée, placée au sud, s’ouvre par une tour carrée, dotée de mâchicoulis et d’une meurtrière qui servait à la défense. Une écharpe de bois pénètre dans toute la maçonnerie et en coulissant permet de bloquer la porte.

A l’extérieur du châtelet, en contrebas de plus de 4 m sur la gauche, on voit encore un ancien rempart qui comporte pour la partie extérieure des soubassements du XIVème siècle surmonté de maçonnerie plus récente. Puis un rempart dont on peut déterminer trois époques de construction, marquées par les différences d’épaisseur de murs reste tout à fait typique, comme vous le verrez, des constructions superposées qui caractérise le château de Prat.

L’entrée donne accès de plain-pied à une petite cour qui est délimitée de toutes parts par des murs qui ont actuellement environ 3 de haut. Cette disposition originale constitue comme une barbacane intérieure. A droite et à gauche du portail existaient encore en 1481, appliquées contre le côté intérieur du rempart, quelques loges concédées à des particuliers de Prat, sans doute pour s’y retirer en cas de guerre, car les concessionnaires avaient leur maison d’habitation au village.

Ces logettes ont été remplacées au XIXème siècle par la remise à voitures dont le toit et les planchers ont été refaits en 1997. De l’autre côté, par les écuries, on peut encore admirer une mangeoire de 9m en pierre marbrière qui servait aux animaux de trait. Aux abords, se trouve l’écurie des chevaux de prestige où les vestiges des boxes individuels subsistent.

Au-dessus des écuries, un logis pour les palefreniers avait été aménagé, afin qu’ils puissent surveiller facilement les bêtes. Plus loin, dans le même bâtiment, une grande porte cochère permettait se stationner les voitures à foin et à fumier. Se trouve ensuite le four à pain et la remise à outils des jardiniers qui logeaient au-dessus.

De la cour profonde, on monte aujourd’hui au second niveau par un large escalier en pierre. A droite il y avait la chapelle du château, dont les murs sans caractère ont été démolis jusqu’à hauteur du mur d’appui, cette place est actuellement plantée de multiples palmiers centenaires qui sont une particularité et l’orgueil de château de Prat.

A gauche de l’escalier, un long espace (l’ancienne lice) se développe en longeant la seconde enceinte. On trouve là le puits, profond de 17 m où il y a encore 5 m d’eau. Celui-ci était déjà cité en 1481. La nouvelle rangée de loges que cet écrit mentionnait a été remplacée par une grande serre Napoléon III, ornée de magnifiques festons de fer forgé, au-dessus de laquelle court une passerelle qui permettait de dérouler des paillassons sur la serre en cas de fortes chaleurs.

Au milieu de l’ancienne lice, un immense bassin a été construit. La margelle est en pierre de taille. Ce bassin était doté jadis d’un jet d’eau qui provenait du Salat pourtant distant d’un kilomètre environ. Elle était pompée par un système, très en avance sur son temps, de pompe alimentée semble-t-il par un moteur à huile lourde.

En reprenant l’escalier de pierre marbrière du XIXème siècle, aménagé entre deux enceintes du XIVème siècle, on arrive à la plate forme de la dernière enceinte, élevée à 7 ou 8 mètres de la précédente.

La seconde enceinte, formée d’un rempart crénelé, renfermait, d’après un acte de 1671, au Sud-Est, le logis constituant la partie principale du château actuel.

Ce château, posé sur l’escarpement du rocher, était flanqué à l’angle Nord d’une tour carrée (dont subsistent deux pans de murs datant des XIIème et XIIIème siècle, sur environ 12 mètres de hauteur) et sur la façade Nord-Ouest, une grosse tour ronde incorporée au rempart, dont subsiste la base talutée.

Sur la façade sud, la tour du XVIème siècle, à demi engagée dans la maçonnerie abrite l’escalier. Ce corps de logis remonterait au XVème siècle. Il aurait remplacé un donjon, de proportions très restreintes, et de petits magasins dont les fondations enchevêtrées existeraient encore sous le plancher du rez-de-chaussée.

Pour pénétrer dans le château, il faut emprunter la porte dite de François 1er. Celle-ci, pour sa partie basse est agrémentées de magnifiques sculptures d’ornements datant de 1530 environ en pierre tendre blanche. Elle est entourée de chaque côté par une colonne cannelée au trois quart dégagée, surmontée d’un chapiteau de style corinthien, le linteau est orné d’entrelacs et de grotesques bas relief et d’un pot de fruits en ronde bosse, de chaque côté.

Sur le fronton de la partie du XVIème, le blason des d’Avancourt se détache. Il a été réalisé au début du siècle, dans de la pierre de Furnès, plus jaune.

La partie supérieure de la porte est sculptée dans le même style, mais plus richement avec des sculptures en ronde bosse. On peut dater cet apport à la deuxième moitié du XIXème siècle.
Les colonnes et les pilastres sont inspirées de la renaissance mais avec plus de libertés. Les motifs sont moins purs ; les sculptures sont moins érodées.>

Les consoles avec des feuilles d’acanthe sont inspirées du XVIIème siècle.

Des bambochi, sortes de têtes, jaillissent hors de la pierre. Ils sont un héritage du XIIIème siècle italien dont s’est inspirée la renaissance puis le néogothique.

Sur la partie droite de la tour, la petite fenêtre du XVIème siècle, que le comte de Nouaillan avait récupéré dans Prat, est en parfaite harmonie avec les sculptures de la porte. Les bambochi sont ici du XVIème siècle. On remarque l’écu des armes des Mauléon, entouré de la mitre et de la crosse de l’évêque sur l’appui de fenêtre. Les côtés sont agrémentés du même type de colonnes que la porte d’entrée.

Les autres fenêtres de la façade, sont richement sculptées avec des meneaux et des larmiers, dans le style du XVIème siècle toulousain, et les retombées de ceux-ci sont agrémentées de sirènes, aigles, chimères, dragons, singes et autres salamandres.

A l’intérieur du château, en poussant la porte François 1er, l’escalier à vis, fin XVème siècle surprend par sa très grande largeur et la faible hauteur de ses marches. Cette caractéristique renseigne sur le haut rang social qu’avaient les commanditaires de l’ouvrage.

Au rez-de-chaussée vous trouverez le grand salon qui surprend par sa taille (110 m2). Les murs sont garnis de lambris de chêne et de velours grenat. Le plafond est à la française ; les poutres principales habillées au XIXème siècle. Il faut noter l’exceptionnelle cheminée néogothique, de dimensions monumentales, et finement sculptée dans de la pierre de Belbèze au grain particulièrement fin. On y voit des amours tenant des grappes de raisin, des chimères et des dragons, des entrelacs de feuilles de vigne où apparaissent entre autres, papillons, chenilles, criquets, serpents, abeilles et grenouilles…Sur le fronton, une couronne comtale situe bien le rang social des propriétaires d’alors. Puis sur le linteau, les armes de Nouaillan ont été remplacées par celles des d’Avancourt.

Derrière le grand salon, il y a encore le magnifique petit salon dont la cheminée « archaïque » a été édifiée par les d’Avancourt. Celle-ci est corroborée par les armes comtales et la couronne sculptée dans la masse de son fronton. Elle est d’inspiration Louis XII pour les jambages, et le linteau est finement sculpté de deux putti armés de lances, chevauchant des chimères fantasmagoriques.

Le premier étage du château était autrefois consacré aux chambres à coucher. Presque toutes étaient dotées d’alcôves pour mettre le lit. Les trois, au-dessus des salons, étaient dotées en sus, de cabinets de toilette et de petits vestiaires.

Par une porte de style Louis XIII en noyer, on pénètre dans le couloir qui dessert ces chambres et la chapelle. Sur le tableau de la fenêtre datant du XVIème siècle, on peut encore lire sur le fronton une maxime « NONDVM VENIT HORA MEA » (mon heure n’est pas encore venue), signé VBP, et sur la pierre d’encadrement à gauche « VIVO MAV » (je vis signé Mauléon).

Chaque pièce a son style et le propriétaire des lieux a réuni une collection de meubles retraçant les époques marquantes de l’Histoire de France à voir…

ASSOCIATION DES AMIS DU CHÂTEAU DE PRAT
09160 PRAT BONREPEAUX
tél. 05.61.96.68.01


Période d’ouverture  :
du 14 juillet au 28 août. Les visites sont programmées à 16H- 17H et 18H.


Toute l’année sur rendez-vous.


Ariège - Midi-Pyrénées
Musique : Concerto Brande Bourgeois n°3 de J.S.Bach