SOMMAIRE

L’HISTOIRE
LE CHÂTEAU

- adresse
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MUSEE ARCHEOLOGIQUE

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LEGENDE


Le piton calcaire des Pyrénées ariégeoises, qui culmine à 1207 mètres et où fut installé le château de Montségur, est appelé communément “pog”. C’est Raymond de Pereille qui accepta de fortifier le site au début du XIIIe siècle, et il est difficile de savoir ce qui existait auparavant sur ce sommet. Les cathares en firent leur refuge à mesure que se développait l’offensive des croisés et de l’Eglise catholique.

L’HISTOIRE :

L’âme de la résistance fut bien Guilhabert de Castres. C’est lui qui avait accueilli Esclarmonde de Foix dans l’église cathare, c’est lui qui avait discuté au colloque de Montréal (Aude). Réfugié à Montségur, il sut se tourner vers la noblesse pour chercher des secours. En 1221, à Mirepoix, il rencontra deux grands seigneurs féodaux des Pyrénées à cette fin. Profitant de la trêve, il se remit à prêcher ouvertement dans le plat-pays. Mais l’offensive de l’armée royale l’obligea à s’enfuir.
Après la soumission du comte de Toulouse en 1229, un groupe important autour de Guilhabert de Castres supplia Raimond de Pereille de les accueillir dans sa citadelle de Montségur où l’Eglise des hérétiques aurait désormais “ son siège et sa tête”. Là, Guilhabert fit des ordinations ; de là, il envoya et il défendit ses diacres et ses parfaits.
Des chevaliers s’installèrent à Monségur, avec leurs écuyers; ils vivaient sur le trésor de l’Eglise cathare. En effet les croyants ne manquaient pas de faire des legs au moment de leur mort. Cet argent était aussi utilisé pour payer des barons qui acceptaient, contre argent, de protéger les Parfaits.
L’armée royale voulut venger l’attentat contre l’Inquisition à Avignonet. Montségur était la clef de la résistance au roi et à l’Eglise : la place devait être prise. La garnison devait comporter quelque trois cent quarante personnes autour de Roger de Mirepoix et de Raimond de Péreille, son cousin germain et beau-père. On comptait 160 laïcs dont 27 femmes et 20 sergents, et 180 parfaits. Guilhabert de Castres était mort et Bertrand Marty lui avait succédé. Il est difficile d’imaginer l’état ancien du château qui a été sans doute remanié. En tout cas, Montségur était une place difficile à ravitailler.

Le siège débuta au printemps 1243. Il était conduit par le sénéchal de Carcassonne, Hugues des Arcis, accompagné de Pierre Amiel, archevêque de Narbonne, ainsi que de l’évêque d’Albi. En raison du site, il fut impossible d’isoler la forteresse car des audacieux réussirent en permanence à se glisser dans la citadelle pour apporter des nouvelles de l’extérieur. Ce furent des Gascons qui réussirent à prendre pied sur la montagne par une escalade nocturne. Ils prirent un poste de guet. L’évêque d’Albi, qui était un habile ingénieur en matière de machines de guerre, installa une pierrière qui accabla les assiégés. Mais un autre ingénieur, Bertrand de Capdenac, réussit à entrer dans Montségur.
Néanmoins le 1er mars 1244, Pierre Roger de Mirepoix se rendit. Il avait négocié sa reddition, demandé la vie libre pour les laïcs, mais livré les parfaits qui eurent à choisir entre le bûcher et l’abjuration. Environ deux cents périrent par le feu. “la chute de Montségur était un symbole. Mais, si elle consacrait la disparition de la forme “monastique” la plus achevée, avec sa hiérarchie complète, sa “supérieure” des parfaites, ses maisons, ses “ services” mensuels, elle n’affectait qu’assez peu le ministère actif des prédicateurs encore nombreux disséminés dans la clandestinité.” (Jean Duvernoy). Une stèle discoïdale a été inaugurée le 6 juin 1960 par la Société du souvenir et des études cathares pour rappeler ce que fut ce “champ des brûlés”.

Le site :

Un donjon, au sommet du pog, était enveloppé d’une enceinte. Un village se blottissait entre le château et le bord des impressionnantes falaises. Au sud, des murs successifs protégeaient le château - le visiteur, aujourd’hui comme jadis, arrivait par ce versant. Au Nord-Est, un poste de guet occupait le Roc de la Tour : c’est ce rocher dont des Gascons s’emparèrent, menaçant ainsi les assiégés pendant le siège.

Le mystère :

Quatre cathares réussirent à s’échapper. Peut-être devaient-ils sauver des livres sacrés ou préserver un trésor. Deux parfaits auraient déjà évacué ce trésor dès 1243. Alors, l’imagination s’est enflammée sur cet épisode. En s’appuyant sur Wolfram von Eschenbach, un trouvère germanique, Montségur a été assimilé au château de Graal et cette idée a été reprise au XXe siècle par l’écrivain Otto Rahn qui semble avoir été ensuite au service de Himler et de la propagande nazie. Comme les cathares avaient un mépris certain pour la matière, vecteur du Mal, il semble bien improbable qu’ils aient accordé une valeur singulière à des reliques magiques.

La famille de Lévis prit possession de la place - le duc de Lévis- Mirepoix a consacré en 1924 un livre à Montségur. La place forte fut remaniée, à la fin de XIIIe siècle ou au début du XIVe, et c’est à cette époque qu’appartiennent les vestiges de la forteresse actuelle, même si certaines parties de la citadelle ancienne survécurent. Ainsi les archéologues ont contesté les théories qui considéraient les ruines de Montségur comme un temple cathare, voire comme un lieu de culte solaire.
Le donjon, après la reconstruction, était intégré au système défensif et n’était plus au centre du château. Au premier étage, se trouvait sans doute le logis seigneurial - on y parvenait par le chemin de ronde. La partie inférieure du donjon était constituée d’une citerne et d’une salle basse. Un corps de logis le flanquait, suivi d’une basse-cour. Un fossé séparait cet ensemble fortifié de la barbacane de l’Est.
Les fouilles de Montségur furent longtemps clandestines, liées à la redécouverte du catharisme, puis elles devinrent mieux contrôlées et plus scientifiques. Elles ont livré de multiples objets qui témoignent de la vie quotidienne à Montségur au Moyen Age, mais qui ne disent rien sur le catharisme.

Même si les historiens et les archéologues permettent de résister aux dérives de l’imagination, Montségur s’impose par la beauté de son site et par le souvenir d’un drame qui ne peut laisser indifférent, puisque c’était le combat paradoxal de deux valeurs fondamentales de l’humanité : la foi et la liberté

Situé sur un rocher appelé “pog” à 1207 m d’altitude, le château domine le village à la curieuse architecture. La montée au sommet s’effectue en 30 minutes avec un bon souffle et de bonnes chaussures. Citadelle aux imposantes ruines, Montségur fut la capitale de l’église cathare. Lors de la dernière croisade contre les Albigeois, cette forteresse devint le symbole de la résistance des Comtes méridionaux. Après un siège de 10 mois, elle tomba aux mains de l’armée royale en 1244. Refusant d’abjurer leur foi, 225 “ Parfaits” furent brûlés au pied du “pog”.

Montségur a toujours été entouré de mystères. L’orientation de son plan a soulevé bien des questions, un historien ayant remarqué que le 21 juin, jour du solstice d’été, les premiers rayons du soleil traversaient les meurtrières du donjon. Certains ont prétendu que le trésor des cathares y était enterré ainsi que le Saint-Graal.

CHÂTEAU DE MONTSEGUR
à Montségur
Tél.: 05.61.01.06.94 ou 05.61.01.10.27
Durée : 2h

Période d’ouverture : Toute l’année

Accès payant tous les jours du 01/02 au 31/12 (sauf les lundis en février et décembre) avec horaires variables suivant les mois.

Février : Tous les jours sauf lundi de 10H à 16H
Mars : Tous les jours de 9H30 à 17H
Avril : Tous les jours de 9H30 à 17H
Mai-Juin : Tous les jours de 9H30 à 19H30 (visites commentées les samedis, dimanches et jours fériés à 14 H et 15H)
Juillet- août : Tous les jours de 9H30 à 19H30 (visites commentées tous les jours à 11H, 14 H et 15H et 16H)
Septembre : Tous les jours de 9H30 à 17H30
Octobre : Tous les jours de 9H30 à 17H
Novembre : Tous les jours de 10H à 16H
Décembre : Tous les jours à partir de 10H (sauf conditions météorologiques défavorables)

Visites commentées toute l’année pour les groupes à partir de 20 personnes. Réservation auprès du guide.
f.chambon@montsegur.org

Pour compléter votre visite, rendez-vous au musée du village.

MUSEE ARCHEOLOGIQUE
à Montségur
Tél.: 05.61.01.06.94 ou 05.61.01.10.27
mairie.montsegur@wanadoo.fr

Le Musée archéologique renferme des trésors tirés des fouilles effectuées sur le site du château : objets et mobiliers de la vie quotidienne au moyen-âge mais aussi des vestiges militaires témoignant des combats lors du siège (boulets, pointes de flèches...)

 

Période d’ouverture  : du 1 février au 31 décembre.
Février : Tous les jours de 14H à 17H30
Mars-avril : Tous les jours de 13H à 17H30
Mai-juin : Tous les jours de 10H à 12H30 et de 14H à 17H
Juillet-août : Tous les jours de 10H à 12H30 et de 14H à 19H30
Septembre : Tous les jours de 10H à 12H et de 14H à 17H
Octobre-Novembre : Tous les jours de 13H30 à 17H
Décembre : Tous les jours de 14H à 17H.

Possibilité de visite commentée pour les groupes de 20 personnes minimum. Réservation auprès du guide.
f.chambon@montsegur.org

Au milieu du XIIIè siècle, deux rescapés du massacre de Montségur vivaient dans la forêt des Barthes. Nus, hirsutes, armés chacun d’un bâton, n’ayant pour abri que les cavernes, les deux malheureux vivaient comme des bêtes sauvages. Ils n’avaient pour nourriture que les produits du sol ou le gibier qu’ils parvenaient à prendre. Pourchassés pour hérésie, ils fuyaient au moindre bruit et se cachaient dans les montagnes.

En ces temps où régnaient le fanatisme religieux et l’intolérance, les habitants du pays avaient tout mis en oeuvre pour capturer les deux hérétiques, afin de les brûler vifs, mais les plus subtils stratagèmes avaient chaque fois été pris en défaut.
Un jour, un vieux du pays, habitué des embûches et des pièges, conseilla aux chasseurs de se procurer deux culottes rouges, propres à attirer les regards par leur couleur et de les coudre de façon à rendre la marche difficile, après les avoir enfilées. D’un avis unanime, le conseil du vieux sage pouvait donner des résultats.

Une fois fabriquées, les deux culottes furent suspendues au bout d’une branche d’un gros chêne. De très loin on les voyait se balancer au souffle du vent. Les jeunes gens les plus vigoureux, se cachèrent tout près, attendant l’arrivée des hérétiques. Le silence le plus complet régnait alors dans les environs.
Au bout de quelques jours, les deux malheureux aperçurent les culottes. Longtemps ils les contemplèrent sans oser s’en approcher. Avec anxiété ils se demandaient ce que cela pouvait bien être. Cette nouveauté dans la campagne troublait leur sens et les rendait plus méfiants.
Pressés par une curiosité croissante, les deux hérétiques, se croyant seuls, avancèrent à pas de loup. Côte à côte, à voix basse, ils se communiquaient leurs impressions, leurs désirs,leurs craintes. L’un d’eux grimpa rapidement sur l’arbre, comme un écureuil, décrocha les culottes et les jeta sur le sol d’un brusque mouvement.
En bas, son compagnon les ramassa. Il eut tôt fait d’en passer une. A peine descendu, le second fit de même. Rassurés, ils s’admiraient, par-devant, par-derrière, en tous sens. C’est alors que les chasseurs se jetèrent sur eux avec la rapidité de l’éclair. Gênés dans leur mouvement par les malencontreuses culottes, les deux “sauvages” se défendirent mal. Après une lutte féroce, l’un d’eux parvint à s’échapper et prit la fuite. L’autre, solidement attaché, put être emmené à Séourre.
Enfermé dans une maison, l’hérétique refusait obstinément de répondre aux nombreuses questions qu’on lui posait. Le prenant pour un être diabolique, dont il fallait se débarrasser à tout prix. On le brûla vif sur la place de Séourre après un sommaire procès.
Du haut d’une montagne l’hérétique demeuré libre avait vu la foule se rassembler autour de la place de Séourre, et s’élever dans les airs les flammes du bûcher où agonisait son frère au milieu des souffrances les plus atroces. Il en conçut une haine profonde contre les auteurs de cet acte criminel.
Une semaine plus tard, une jeune bergère disparut. A la lueur des torches, les habitants de Séourre fouillèrent la forêt et ses environs. Des appels retentissaient de tous côtés : “Clairette ! Clairette !”. La consternation était grande. Clairette ne reparut pas les jours suivants.
On s’accorda à penser que l’hérétique avait commis un rapt pour venger la mort de son camarade.
Clairette avait en effet été enlevée par l’hérétique, et malgré sa résistance, ses pleurs et ses cris déchirants, emportée dans le coin le plus reculé de la grotte des Incantades.
C’est là qu’ils vécurent, tous deux, pendant des années. L’hérétique se prodiguait en gentillesses. Il l’aimait profondément. De son côté, Clairette se montrait reconnaissante. Son affection pour cet être à demi-sauvage grandissait de jour en jour. Elle s’accommoda vite de cette nouvelle existence. C’est ce qu’il y avait de mieux car en l’absence de l’hérétique, ses tentatives d’évasion auraient été vaines. Le passage le plus étroit de la grotte était soigneusement fermé au moyen d’une grosse dalle que seul un homme fort pouvait déplacer.
Heureusement rien ne manquait dans la grotte. Les provisions venant de la chasse étaient plus que suffisantes. Bientôt un premier enfant naquit, puis un second : deux garçons superbes que la vie au grand air, en pleine nature rendait riches de force et de santé. A la nuit tombée, la famille se promenait dans les bois et les taillis. Mais, peu à peu, les difficultés de la vie se multiplièrent à mesure que les enfants grandissaient.
A la veille de l’hiver 1255, l’hérétique s’était aventuré à voler des haricots et des châtaignes. Les propriétaires lui tendirent une embuscade. Il ne fut pas pris, car il veillait ; mais, dans sa fuite, il fut pressé si vivement qu’au lieu de se cacher dans sa grotte, il sa dirigea vers les ruines du château de Miramont. Il jugeait l’endroit inaccessible pour tout autre que lui. Il se trompait lourdement.
Parmi les vestiges du château, une lutte terribles s’engagea. Les deux adversaires, de force égale, tombèrent enlacés dans un précipice de cent mètres de hauteur. On retrouva les deux corps, affreusement mutilés, se tenant par les mains en guise de pardon, sans doute, et portant sur leurs figures apaisées, l’expression de bien-être indéfinissable que la mort semble laisser après elle.
Le malheur ne devait hélas pas avoir raison de l’intolérance qui régnait à cette époque. Le cadavre de l’hérétique fut honteusement abandonné à l’endroit même où il était tombé, pour qu’il devînt la pâture des bêtes sauvages.
Attendant anxieusement le retour du père de ses enfants, Clairette avait passé la nuit dans les craintes les plus cruelles. A l’aube, elle parvint après des efforts inouïs à déplacer la dalle qui lui barrait le passage. Après une longue recherche, la pauvre enfant découvrit le corps de son tendre ami. Elle se fit un devoir de lui préparer une sépulture décente. Elle le coucha sur un lit de feuilles sèches qu’elle prit soin de recouvrir d’une voûte de pierres calcaires adroitement disposées et formant par leur ensemble, une sorte de chambre mortuaire. Une croix de bois surmontait cette tombe improvisée. Dans cet antre, les restes de l’hérétique allaient pouvoir dormir en paix et seraient à l’abri des profanations de toutes sortes.
Lorsque les provisions amassées touchèrent à leur fin, Clairette rentra avec ses deux enfants dans sa famille à Séourre. Elle fut reçue par ses parents avec la plus vive affection. On criait au miracle. Elle conta son aventure que chacun voulait connaître. Et personne ne voulait croire que l’hérétique l’eut entourée de tendresse. A cette époque, le fanatisme troublait la raison. Aucune qualité de coeur et d’esprit ne pouvait être attribuée aux hérétiques.
Les deux enfants furent baptisés. Clairette dut subir l’action purificatrice de certains rites liturgiques pour avoir cohabité avec un hérétique.
Clairette avait conservé le culte du souvenir. Chaque dimanche, elle prenait ses enfants pour se diriger vers le lieu du drame. En route, dans les champs, dans les prés et les bois, ils cueillaient, avec une grande émotion, des fleurs et allaient les déposer, pieusement, sur la tombe du martyr.

Midi-Pyrénées- Ariège