
SOMMAIRE
LA FONTAINE DE FONTESTORBES
LA LEGENDE
ESSAI D’EXPLICATION DU PHENOMENE
LA LIMONADE DE LA SOURCE DE FONTESTORBES

LA FONTAINE DE FONTESTORBES
La
fontaine de Fontestorbes est une curiosité naturelle unique.
Elle est surnommée la « Reine des fontaines intermittentes » ; c’est un site classé depuis le 10 février 1921. De juillet à décembre, en général,
on assiste à un écoulement fractionné de ses eaux. Ce phénomène, s’il n’est pas unique au monde, puisque l’on en recense une vingtaine, n’en
est pas moins le plus important et le plus régulier.
Située dans la vallée de l’Hers, au sein d’une région
calcaire, Fontestorbes est une résurgence d’une partie des eaux du plateau de Sault qui s’étend à cheval sur les départements de l’Ariège et de l’Aude.
En période d’étiage, le phénomène est spectaculaire : en 40 minutes, on passe d’un débit maximum de 1.8 m3/s à un écoulement
presque nul. On revient ensuite au maximum des eaux en 21 minutes, en moyenne.
L’origine du nom de Fontestorbes est peu fixée. Plusieurs théories s’affrontent. Ce serait tantôt Fons Turbatus (fontaine dérangée),
tantôt Fontes Orbi (source sans eau). L’explication la plus vraisemblable semble toutefois être Fount Estorbo qui signifie, en Occitan, source encombrée.
Déjà mentionnée par les Romains, et notamment par Pline dans son « Histoire Naturelle », elle était « une des Neuf Muses des Pyrénées » selon
Guillaume Sallustre de Bartas (1544-1590).
De tout temps, elle a suscité la curiosité et fut étudiée par de nombreux savants. Le père Planque, Astruc (1730), Darcy (1857), Belloc (1903)
puis le spéléologue Martel se penchèrent sur le secret
de Fontestorbes.

La
légende elle, racontait que Fontestorbes abritait une grotte, aujourd’hui obstruée, qui servait d’habitation à des fées bienfaisantes (las Encartadas qui signifie les Enchantées).
La nuit, elles lavaient leur linge à l’aide de battoirs en or, ce qui expliquait le bruit assourdissant qui sort des entrailles de la fontaine. Angèle, une jeune fermière nouvellement
mariée, habitait près de la source à la métairie des Perrets. Sur l’invitation de l’une des fées, elle mit son enfant au monde dans la grotte. En échange
de sa confiance, la fée lui offrit une baguette magique en or qui exauçait tous ses vœux. Elle profita de ses bienfaits toute sa vie durant mais, à sa mort, ses enfants
héritiers de la baguette, voulurent tous la posséder. Un pugilat s’ensuivit. Dans l’échauffourée,
la baguette se brisa et les morceaux redevinrent de simples bouts de bois, sans
aucun pouvoir magique.

ESSAI
D’EXPLICATION DU PHENOMENE
La
fontaine draine un bassin versant d’environ 80km2. L’eau qui s’y
déverse provient de la partie orientale du massif du Saint Barthélemy, du Mont de la Frau, du haut bassin de l’Hers et de la partie occidentale du plateau de Sault, hormis la plaine d’Espezel.
Débit
moyen : 2.275 m3/s
Débit maximum : 15.2 m3/s
Débit minimum : 1.8 m3/s
Débit spécifique : 28 litres-sec./km2
Durant les périodes de basses eaux, le débit continue grâce aux réserves noyées de la fontaine qui sont d’environ
30 millions de m3. Toutefois, l’intermittence de Fontestorbes est tributaire de nombreux facteurs tels que les pluies, les chutes de neige, …qui font que la date du début du phénomène varie d’une année à l’autre.
Il suffit en effet d’un fort orage d’été pour que les intermittences s’arrêtent. En fait, les variations d’écoulement dépendent du débit d’alimentation
de la source. Outre ces paramètres, la configuration particulière des galeries et bassins en amont de l’ouverture favorise ce phénomène. Darcy avait conclu à un siphon qui se désamorçait à intervalles
réguliers en période de basses eaux. Cette explication ait été acceptée jusqu’aux
travaux de Monsieur Mangrin, professeur du laboratoire souterrain du CNRS de Moulis (1969).
D’après ses conclusions, « il s’agit d’un réservoir
vidangé par une galerie sur laquelle débouche un second conduit de prise d’air, lui-même en relation avec le réservoir, et dont les deux extrémités sont situées au même
niveau. Ces deux extrémités étant sur le même plan, il n’existe entre elles aucune pression. En revanche, lors du passage dans la galerie de vidange se crée une dépression
qui va aspirer l’air. Ainsi, dès que le débit de vidange est supérieur au débit de remplissage, le niveau baisse dans le réservoir. La prise d’air qui s’effectue alors introduit
celui-ci par inspiration, dans la conduite de vidange. L’intrusion de cet air dans la galerie de vidange entraîne une diminution du débit, qui devient inférieur à celui du remplissage.
Le niveau remonte alors dans le réservoir, jusqu’à ce que la prise d’air disparaisse. Le débit de vidange redevient ce qu’il était ».
Ce phénomène unique n’a pu exister que par hasard ; la source a rencontré une roche plus dure. Elle l’a contournée et les deux galeries se sont rejointes au même niveau.
Quant au gouffre de Caoujous, situé à environ 1 km au sud-est, entre Fontestorbes et l’intermittence, il reste un mystère. On le soupçonne de jouer le rôle d’appel d’air. Il est
constitué d’une succession de puits conduisant à une galerie dont chaque extrémité débouche sur un plan d’eau. Or, en saison d’intermittence, on peut constater une variation de ces
plans d’eau, dont l’amplitude avoisine les 4 mètres.
Les abords de Fontestorbes ont été aménagés :
petit parking, tables et bancs, snack-bar ombragé, en font une halte de qualité.

LA LIMONADE DE LA SOURCE DE FONTESTORBES
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