SOMMAIRE

LE MASSIF KARSTIQUE DE BELESTA
LA FORÊT…
LE GOUFFRE DES CORBEAUX

LE MASSIF KARSTIQUE DE BELESTA

Du versant Est du Pic Saint Barthélemy jusqu’au gorges de l’Aude, en passant par la montagne de la Frau et le Plateau de Sault, s’étend un vaste massif calcaire (ou karstique) sur près de 230 km2.

Toute la forêt de Bélesta est située sur cette formation géologique, et c’est peut-être ce qui donne la qualité de son sapin.
Ainsi, les Gorges de la Frau, la circulation de l’Hers, et du Lasset, le phénomène d’intermittence de la Fontaine de Fontestorbes sont le résultat de cette formation géologique.

Tout le réseau de galeries souterraines qui de temps en temps fait surface au gré des gouffres, trous, grottes ou caougno (caunha, caujous, caugne), est la partie cachée de ce massif sur Montségur, Fougax et Barrineuf et Bélesta.

LA FORÊT…

C’est dans la région de Bélesta que la forêt, l’une des richesses de l’Ariège, est la plus belle, avec ses groupes de sapins géants que traverse la route menant au vaste plateau calcaire du Pays de Sault et à la haute vallée de l’Aude. Elle fut aménagée à la fin du XVIIème siècle, et servit de matière première, notamment pour la construction des mâts de la flotte du roi.

Avant la construction des routes goudronnées, les grumes étaient d’ailleurs évacuées par cette rivière. Mentionnée dès 1386 dans les biens du baron de Bélesta, la forêt- au riche sous-bois où poussent de nombreuses variétés de champignons, a toujours représenté ici une ressource importante pour les hommes. La tonnellerie, en particulier, fut prospère à l’aube du XXème siècle, avec les semaliès qui fabriquaient les comportes en sapin pour les vendanges (les semals).

Tout au long de l’histoire locale, la forêt a traditionnellement joué un rôle important sinon capital dans la vie du montagnard, qui en tire d’appréciables ressources de base ou de complément en bois de construction et de chauffage, fruits divers pour l’homme, glands et faines pour les cochons, pacages pour le bétail.

Sous la domination romaine, les rudes paysans de la montagne font, en tant que supplétifs, de bons gardiens, notamment en Couserans, pour les passages et les défilés (on retrouve encore des restes de petits camps romains) et, en contrepartie, ils bénéficient de nombreux usages et privilèges. Cette situation leur permet par ailleurs de bien résister aux brigands venant de la plaine et, garantissant leurs petits groupements pastoraux, de conserver une précieuse indépendance. Mais cet état de choses s’accompagne de beaucoup d’abus dans l’exploitation. A la fin du Moyen Âge, le pouvoir royal entreprend de mettre en place une réglementation, mais ce n’est qu’avec le règne de Louis XIV que la question forestière trouve, au moins sur le papier, un début de solution : Colbert envoie en 1667 M. de Froidour, commissaire à la réformation des eaux et forêts, dans le Couserans et le pays de Foix. Ce dernier constate et analyse les privilèges et usages accordés aux habitants dans les forêts communales et seigneuriales et les abus qui pouvaient s’ensuivre. A la suite de cette visite, le règlement du 28 juillet 1668, tout en maintenant l’essentiel des privilèges, restreint le déboisement en instaurant des droits de forestage.

Puis, sur le rapport d’autres « commissaire réformateur » envoyés dans diverses régions, la grande ordonnance de 1669 réunit et synthétise les réglementations anciennes (mais, en raison de la multiplicité des usages particuliers, elle ne recevra ici qu’une application restreinte). Après la Révolution, l’administration forestière reprend les traditions de l’Ancien Régime. Mais, aux utilisations traditionnelles de la forêt, les paysans de la haute Ariège en avaient, au fil des ans, ajouté une autre, celle du charbon de bois indispensable pour l’alimentation des forges qui, actives jusqu’en plein XIXème siècle, font la richesse des grands domaines forestiers et pastoraux qui appartenaient au comte et aux seigneurs de la noblesse locale dans un pays longtemps dominé par l’aristocratie du maître de forges ; mais, malheureusement, elles finissent par saigner à blanc des forêts. La loi du 16 nivôse an IX, puis surtout le code forestier de 1827, promulgué par la Restauration, restreignent les droits des communes et des particuliers. L’accumulation des mécontentements attire la révolte qui grondait déjà dans le pays et qui, après avoir éclaté dans le Couserans au mois d’avril 1829, s’étend peu à peu à tout le pays. C’est alors la période la plus agitée, avec la Guerre des Demoiselles, véritable jacquerie dont les causes et le déroulement ont été très bien décrits par François Baby, ainsi nommée en raison de ces « bandes de paysans portant une longue chemise sur leurs habits, la figure noircie et couverte de gros bonnets de laine afin de n’être pas reconnus ». Bien que la plupart des chefs de l’insurrection aient été capturés, l’agitation se poursuivra notamment en 1848, et ne connaîtra son terme qu’en 1870. La fin du conflit coïncide avec l’affaiblissement de la pression économique causé par la dépopulation et la dépression de l’économie agricole et industrielle. Avec la disparition des causes qui avaient contribué à la ruine des forêts, les montagnards se trouvent incités à descendre vers la plaine et vers les villes, portant un coup très rude aux communes de montagne. Ce fut « une guerre pour rien ».

A l’heure actuelle, la plupart des forêts importantes sont domaniales, composées à moyenne altitude de la hêtraie-sapinière, qui fait ensuite place, avant les herbages, au pin à crochets, plus clairsemé. Dans ces forêts dévastées par les coupes claires l’alimentation des forges et l’accroissement des dégâts des torrents qui s’est ensuivi, d’importants efforts de reboisement ont été consentis depuis le siècle dernier, parallèlement à l’amélioration de la qualité par la reconstitution des futaies et la substitution des résineux aux feuillus, qui constituent encore l’essentiel des surfaces forestières. Il demeure nécessaire de poursuivre la réalisation de voies d’accès pour amélioration l’exploitation et, dans la mesure du possible, relancer l’activité des scieries, qui sont situées pour la plupart en avant des montagnes.

La magnifique forêt de sapins de Bélesta s’étend sur 1000ha. Attenante au Massif de Tabe et à la montagne de la Frau, elle s’étend jusqu’au Plateau de Sault. En partie communale, vous pouvez la pratiquer sur les sentiers balisés.

LE GOUFFRE DES CORBEAUX

A 850 m, il s’ouvre en plein bois, dans les roches crétacées urgoniennes très fissurées ; le vaste orifice ovale mesure environ 60 mètres sur 30 mètres de diamètre.



C’est l’abîme à la fois d’absorption et d’effondrement. La profondeur totale atteint environ 110 mètres.



Le site est aménagé d’une plate-forme de vision et sécurisé pour une visite en toute liberté. L’accès se fait à partir du parking du « Château », sur la route du Plateau de Sault ; prendre le chemin qui mène au Cailhol d’en Haut et poursuivre environ 1 km sur le sentier balisé.

 

 

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