SOMMAIRE

PRESENTATION
HISTORIQUE
UN TEMPLE ET UNE EGLISE
PIERRE BAYLE, PHILOSOPHE ET GRAND CRITIQUE
MUSEE PIERRE BAYLE
OFFICE DU TOURISME
LE LAC DE CARLA BAYLE

PRESENTATION

Village «ETOILE D’OR» de l’initiative Européenne 1988. Titulaire d’un Pacte d’Amitié Eternelle avec ROTTERDAM (Pays-Bas). Jumené avec Cimpulung-Moldocenesc (Roumanie).

Situé en zone de Piémont, au cœur d’un pays riche en histoire et traditions, le Carla-Bayle, ancienne citadelle huguenote, perchée à 400m, surplombe les vallées de la Lèze et de l’Arize.

Ses remparts illuminés la nuit, sont un lieu de promenade privilégié pour qui sait apprécier les collines verdoyantes de cette partie de l’Ariège. Sur le rempart sud une table d’orientation permet d’identifier les principaux sommets pyrénéens.

HISTORIQUE

Le Carla a dû être très anciennement habité : la racine «car» qui se trouve dans d’autres noms de lieu et signifie «roc», est en effet très ancienne. L’appellation primitive est «Carlat» ou «Carlad», terminaison qui suggère l’existence d’un oppidum (lieu fortifié) gallo-romain. Dans la campagne, de nombreux noms de lieu témoignent d’un défrichement et d’une installation à l’époque gallo-romaine.
Les premières traces écrites ne remontent cependant qu’à 960 après Jésus Christ. Il s’agit d’un document de l’évêque de Toulouse qui donne par testament au comte de Carcassonne «l’alleu» du Carlat (terre libre de toute dépendance).

Mais au XIè siècle, le Carla, où devait exister depuis longtemps un village, fait partie du comté de Foix, érigé en 1012 par son premier comte, Bernard Roger. Le peuplement de la campagne est attesté par l’existence, dans la seconde moitié du siècle, de plusieurs églises paroissiales.

C’est au XIIè siècle que le comte de Foix fait bâtir le château. Et probablement au début du XIIIè siècle qu’il accorde aux habitants déjà nombreux, du village, une charte qui garantit leurs droits et leurs devoirs : le Carla devient une «ville franche» ou «bastide» ; sous la suzeraineté du comte, elle s’administre elle-même par le moyen de ses consuls élus : elle va s’entourer de remparts élevés et adopter un plan à peu près semblable à celui d’aujourd’hui, avec des maisons à étage et greniers tandis que l’église sera édifiée au centre du village (emplacement de l’actuelle mairie).

Mais suite à la croisade contre les Albigeois, le comte de Foix se soumet et se reconnaît vassal du roi de France pour ses villages et châteaux. Le village s’appelle alors et pour quelque temps seulement : Castlardo.

Nous retrouvons le Carlat au XVIè siècle sous l’appellation de Carla-le-Comte, qui lui restera jusqu’à la révolution. C’est une forteresse qui appartient au comte de Foix et dont le gouverneur est entièrement sous ses ordres ; un centre administratif qui a dans son ressort les villages actuels de Castex, Méras, Loubaut, Sieuras, Guinolas, Monesples, Artigat, Castéras. C’est une ville prospère, centre de vie économique de la région.

Son importance démographique (2000 habitants en 1580), militaire, administrative, économique, la prospérité de ses bourgeois et de ses artisans, l’habitude trois fois séculaire de l’indépendance donnaient aux habitants une fierté légitime mais fort chatouilleuse, un amour de la liberté et de l’indépendance frisant l’insubordination.

En 1571 une communauté protestante est signalée au Carla, fruit de prédications qui y ont eu lieu certainement en 1500-61, années de grande expansion de la foi réformée. Et voilà le Carla engagé dans les guerres de religion qui commencent cette année-là : place forte des protestants, il va jouer un rôle important comme lieu de refuge, arsenal ou cantonnement, selon les circonstances ; et ses habitants vont participer sans ménagement aux combats et destructions. En effet, dans ces luttes comme dans toute guerre civile, les violences furent égales de part et d’autres.

C’est en 1633, alors que le Carla compte quatre consuls dont deux catholiques et deux protestants que l’ordre est donné de détruire les remparts.

A partir de 1761, dans le comté de Foix, à part une ou deux affaires, la tolérance règne enfin entre catholiques et protestants. L’année 1787 marque une étape importante pour les protestants

Enfin, en 1879 la commune choisit le nom de Carla-Bayle, ce qui peut vouloir dire bien des choses : souvenir d’un écrivain mondialement connu qui fait honneur à sa naissance, symbole républicain commémorant un homme banni par la monarchie, peut-être aussi symbole de la tolérance nécessaire dans une commune où habitent ensemble catholique et protestants après quelque deux cent ans de «confusion et de grabuge».

Le calme revient donc dans le village qui voit pourtant sa population baisser régulièrement au point où l’on ne compte plus que 469 habitants en 1982.

Il y a maintenant quelques années, population et élus ont décidé d’engager une politique volontaire en faveur du développement de la commune : rénover la bastide, l’habitat, créer des zones d’activités, améliorer les services, revaloriser les richesses historiques, culturelles et humaines. Aussi peut-on voir aujourd’hui soixante-quinze enfants à l’école communale primaire ; une population rajeunie et en constante augmentation et des activités économiques et culturelles en expansion…

UN TEMPLE ET UNE EGLISE

La première église érigée sur la place centrale avait été détruite durant les premières Guerres de Religion. En 1687, on construit une église sur l’emplacement du château féodal dont elle épouse le plan et le site contraignant mais symbolique. Son porche de pierre est réalisé avec les ruines des remparts ; le clocher pignon est bâti en 1896. Enfin, et après avoir gardé ses portes fermées pendant plus de 10 ans, l’église est restaurée en 1996.

Quant au temple, voilà près de quatre siècles qu’il garde le même emplacement. Il fut tour à tour «maison de prière», «grange du curé», «bien national» avant de retrouver sa destination première. Sous sa forme actuelle il date de 1884, époque à laquelle il fut entièrement reconstruit sur le modèle des premiers temples de la réforme. Son architecture avec ses deux étages à double galerie, sa chaire en bois sculptée au centre du mur exprime la spécificité du culte réformé voué tout entier à la Parole.
Cet édifice a été inscrit au registre des monuments historiques en 1991.

PIERRE BAYLE, PHILOSOPHE ET GRAND CRITIQUE>

Bayle, Pierre est né le 16 novembre 1647 au Carla. Pierre y reçoit sa première formation, sous le patronage de son père qui l’initie au grec et au latin par. Il lit Plutarque, Montaigne, Ronsard et les poèmes de David. Il fréquente aussi l’école du Carla.

Après un séjour de 6 mois à Puylaurens en 1666, Bayle s’y rend à nouveau le 5 novembre 1668 à l’âge de 21 ans, pour y poursuivre ses études à l’Académie. Son frère Jacob vient d’y achever ses études de théologie. Les ressources du père, Jean Bayle, pauvre ministre à la campagne, ne permettaient pas de subvenir aux frais de pensions de deux fils à la fois.

En février 1669, Bayle part pour Toulouse considérant le niveau des études à Puylaurens trop peu satisfaisant. Il va chercher un enseignement chez les jésuites, où il est externe. Les collèges de Jésuites étaient aussi fréquentés à cette époque par de jeunes réformés. Cependant Bayle est séduit par le catholicisme et, le 19 mars 1669, se convertit à cette religion. Ce passage religieux entraîne une rupture avec sa famille. Il reçoit immédiatement une pension de Monseigneur Bertier, évêque de Rieux.
Mais dès le 21 août 1670 Bayle abjure la religion catholique romaine devant M. Laurent Rival, Ministre de Saverdun, son frère Jacob, Ministre au Carla, M. Guillemat, Ministre de Mazères et M. Elie Rival, Ministre de Calmont.

Il est désormais considéré comme un «relaps», et ne peut que fuir le pays. Il tira des années plus tard de cet épisode un grand traité en faveur de la tolérance religieuse, dont le titre révèle le programme : Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus Christ: «Contrains-les d’entrer», où l’on prouve par plusieurs raisons démonstratives qu’il n’y a rien de plus abominable que de faire des conversions par la contrainte et l’on réfute tous les sophismes des convertisseurs à contrainte et l’Apologie que St Augustin a faite des persécutions (1686-1688).

En novembre 1676, il est nommé professeur de philosophie à l’Académie réformée de Sedan ; après la fermeture de celle-ci, en 1681, il s’exila et devint professeur indépendant de philosophie et d’histoire à l’Académie protestante de Rotterdam, recevant ses appointements de la ville.

Le premier ouvrage de Bayle à connaître la célébrité, les Pensées diverses sur la comète (1683), adopta une approche rationaliste pour décrire la vague de peurs suscitée par l’apparition de la comète de Halley en 1682. Sous couvert de théories mécanistes et de critiques des présages, ce texte était en fait une attaque ironique contre le catholicisme.

Œuvre principale de Pierre Bayle, le Dictionnaire historique et critique (1696-1697), est composé d’éléments biographiques, de données bibliographiques et de commentaires de l’auteur, inspirés en partie par des collaborateurs calvinistes, sur les thèses erronées des penseurs catholiques au sujet de l’histoire et de la doctrine chrétienne. L’ouvrage, décrit par Leibniz comme le «plus beau des dictionnaires», s’attache à défendre les persécutés et n’hésite pas à donner un point de vue personnel sur la Bible. Synthèse de cartésianisme, de scepticisme et de rigorisme moral, il préconise résolument la liberté de la conscience. Plusieurs fois réédité, traduit en anglais et en allemand, cet ouvrage exerça une influence décisive sur les Encyclopédistes et sur les philosophes rationalistes du XVIIIe siècle.

MUSEE PIERRE BAYLE
09130 CARLA-BAYLE
tél. 05.61.68.51.32

Le musée Pierre Bayle est aménagé dans la maison natale du philosophe. Cette demeure est restaurée de façon exemplaire dans la pure tradition architecturale de l’époque. Vous y trouverez un parcours bibliographique et intellectuel de l’auteur du Dictionnaire Historique et Critique et histoire du protestantisme en France au XVIIè et XVIIIè siècles.

Période d’ouverture :

Du 1 janvier au 14 juin, sur rendez-vous, de 14H à 18H.
Du 15 juin au 15 septembre de 10H à 12H et de 15H à 19H.
Du 16 septembre au 31 décembre, sur rendez-vous, de 14H à 18H.

OFFICE DE TOURISME
09130 LE CARLA BAYLE

Renseignements toute l’année.
tél. 05.61.68.53.53
fax. 05.61.68.91.00

Période d’ouverture : du 15 juin au 15 septembre de 10h à 12h et de 15h à 19h

LE LAC DE CARLA BAYLE

 

Midi-pyrénées- Ariège