SOMMAIRE

PATRIMOINE DE L'UNESCO
DES EX-VOTO ENIGMATIQUES
LES FRESQUES DE TRAMESAYGUES

PATRIMOINE DE L'UNESCO

Saint-Lizier (qui avait déjà obtenu de faire partie des haltes jacquaires sur le chemin de Compostelle) et l’Eglise de Notre-Dame de Tramesaygues à Audressein, dans la vallée de la Bellongue, sont désormais inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce label distingue un site ou un monument particulièrement remarquable au niveau architectural, culturel et touristique. Aux côtés de Conques, Moissac, du Mont-Saint-Michel ou de Saint-Bertrand de Comminges, ces deux petites cités du Couserans s’élèvent au rang des grands sites.

Le site de Saint-Lizier est célèbre pour ses deux cathédrales romanes, son cloître, ses remparts romains et son palais épiscopal. Très belle église à trois nefs, Notre Dame de Tramesaygues (XVIème siècle) possède un porche orné de fresques du XVème siècle.

DES EX-VOTO ENIGMATIQUES

La position de ce village situé à 2km de Castillon, au confluent de deux torrents, le lez et la Bouigane, a fait donner à la petite chapelle de pèlerinage qui s’y trouve le nom de Tramezaygues, qui dans les Pyrénées, désigne un lieu placé entre deux rivières : Inter-ambas-aquas. Par Trambes-ayguas, on arrive à Tramezaygues.

C’est au XIIIème siècle, sur le site d’une chapelle primitive dédiée à la Vierge, que fut élevée la chapelle dont le portail est encore en place ; au XIVème siècle, on construisit le campanile à fronton orignal percé de trois étages d’arcades, semblable à celui de la chapelle du château de Castillon.
Au XVème siècle, le porche central fut décoré de peintures curieuses représentant Saint Jean-Baptiste, saint Jacques, quatre anges et six ex-voto dédiés aux miraculeuses interventions de la Vierge de Tramesaygues, en faveur des pèlerins.

Dans l’arceau central, au-dessus d’un Saint-Jean Baptiste, le tableau représente un jeune homme couché, anéanti, perdant son sang par une abondante hémorragie nasale. Au-dessous, on le voit guéri, à genoux, tenant un cierge devant la statue de Notre-Dame-de-Tramezaygues, sous un édicule surmonté du typique clocher. En face, une fillette couchée nue dans un vaste lit est soignée par une jeune femme couverte d’un voile blanc et vêtue d’une robe rouge. Plus bas, l’enfant en costume de fête, cierge en main, vient rendre grâce avec la même dame. Un surplis recouvre sa robe et sa tête est coiffée d’un voile surmonté d’une sorte de petit chapeau rond.

Dans l’arcade de gauche, les miraculés sont un homme et une femme. Un prisonnier est assis dans la geôle d’une forteresse crénelée, les pieds attachés par des ceps ; puis il sort par la porte de la prison, les mains jointes, les yeux au ciel ; enfin, agenouillé devant la Vierge de Tramezaygues, il lui présente ses ceps en ex-voto. La femme était montée sur un arbre de haute futaie quand elle tombe ;le peintre l’a saisie au vol, la tête en bas, les jambes en l’air et les cottes retroussées, de telle façon que l’on voit bien que les « caneçons » n’étaient pas encore en usage chez les Ariégeoises. Puis, à genoux, la tête couverte d’un capulet blanc, elle remercie la Vierge qui lui a sauvé la vie, sinon la pudeur.

Dans l’aventure suivante, on se demande comment l’intervention de la Madone a pu se concilier avec le commandement : « Tu ne tueras pas. » L’une des scènes montre un homme, en autre, qui semble désarmé. Tout à côté, le meurtrier, tenant à la main son arme encore sanglante, la pointe en bas, se présente devant la porte d’une ville fortifiée ou peut-être d’un château. C’est le même qu’on voit prosterné, un cierge à la main, devant le sanctuaire, l’épée rengainée à son côté. Il est difficile de croire qu’il s’agit là de la représentation d’un assassinat suivi de repentir et d’un pèlerinage expiatoire. C’est plutôt une vengeance privée exécutée par un homme sûr de son droit et qui vient rendre grâce à la Vierge de Tramezaygues d’avoir mis son ennemi sur sa route.

Le dernier tableau est aussi dramatique et singulier. On se demande s’il n’évoque pas un épisode d’une même petite guerre locale, où les attentats se succédaient comme une vendetta. Un homme, vêtu de façon très semblable à la victime du tableau précédent, enfonce un épieu dans la poitrine d’un autre qui tient une épée de la main gauche. Le blessé n’a pas succombé, et c’est miracle, car l’épieu s’est brisé et le fer est resté dans la plaie : c’est dans cet état qu’il vient prier la Vierge de Tramezaygues.

Des séries de dessins et de signes, et des inscriptions en traits noirs sur fond gris, couvrent la partie des arcades située sous le panneau des ex-voto.

Certaines des figures dessinées sous l’ex-voto de la jeune fille malade sont des entrelacs d’origine maçonnique, semble-t-il, des signes que l’on attribue habituellement aux templiers ; ils font songer à une déformation décorative de swastika. Sous le panneau d’en face, deux figures héraldiques, une couronne et un léopard dressé tenant une lance gardent leur énigme.

LES FRESQUES DE TRAMESAYGUES

Les siècles et les intempéries avaient beaucoup altéré les fresques de l’église de Tramesaygues qui se situent à l’extérieur de l’église, sous le porche, à la merci des dégradations des hommes et du temps. Heureusement celles-ci ont fait récemment l’objet d’une salutaire réhabilitation.

C’est vers le milieu du XVème siècle que quelques riches familles reconnaissantes de la vallée ont fait exécuter ces peintures en polychromie sous le porche central, auquel on accède par trois entrées. Les sujets de ces peintures de grande qualité représentant pour la plupart des ex-voto symbolisant les circonstances de la grâce accordée et du miracle accompli.

La toiture vient également de faire l’objet de réfection avec un changement complet de l’ossature du toit et la pause d’ardoises.

Midi-pyrénées - Ariège